lundi 10 décembre 2018

Effacé, d'Alain Raimbault, critique de Dominique Mavilla

Il m'aura fallu deux mois avant de pouvoir parler de ce livre tant il m'a fracassé le cœur. Je n'ai guère d'appétence pour ce genre de sujet,qui me met mal à l'aise, mais quand un livre est aussi intelligemment et bien écrit, les appétences on s'en balance !
Histoire banale d'une fille de vingt ans qui passe une nuit d'amour avec un inconnu et découvre ensuite qu'elle est enceinte. Bannissement des parents. On croirait l'histoire de Fantine dans "les Misérables" sauf qu'on est dans la Creuse en 1965.
Petits boulots à Paris dans des milieux glauques...
Le bébé naît et va grandir dans une violence inouïe: les coups, les manques de soins et d'amour sont son pain quotidien et à six ans il n'a qu'un but : mourir.
On ne l'appelle jamais par son prénom: on l'ignore sauf pour le frapper. Faut bien que quelqu'un paye la "faute" de la mère... Pas un jouet à la maison. Si sa mère remarque qu'il aime bien un verre à moutarde décoré utilisé lors des repas, elle le jette. Faire mal, tout le temps, par tous les moyens : terrible récit.
Mais l'enfant est intelligent.Très. Il observe ce monde de folie pour comprendre le fonctionnement de sa tortionnaire et anticiper d'éventuels coups. Et c'est pathétique à lire. De voir comment ce petit bonhomme, si tôt, si vite, étudie les caractères, et trouve des parades de fortune.
Et puis un jour, il découvre sa planche de salut : l'Ecriture ! Sa liberté est dans l'écriture. Il va noircir des pages et des pages, être heureux et grandir. Et atteindre l'âge de se rebeller.
Quand j'ai réalisé à la fin de cette narration hallucinante que cet enfant ,devenu homme, était mon copain, mon pote et mon ami Alain Raimbault et que ce récit était celui de son enfance....
Je ne dis plus rien sinon : Lisez absolument ce livre où le narrateur s'adresse à l'enfant qu'il a été sans jamais tomber dans le piège du voyeurisme.C'est au contraire un exemple de pudeur et de très belle littérature.
Livre édité aux éditions " L'instant même" ( éditeur québécois) facilement trouvable chez n'importe quel bon libraire ainsi que sur Amazon. Et pour les amis belges et suisses : en librairie également.


samedi 10 novembre 2018

Camille Gaudin

Cher grand-grand-papi Camille,
Tu es mort à 26 ans lors de la grande boucherie de la Somme, le 4 septembre 1916. Tu es tellement mort qu’on n’a même pas retrouvé ton corps. Une vie, une mort, brèves. C’était la guerre et tu avais l’âge. Comme hélas des millions de jeunes gens. Aujourd’hui on célèbre, on commémore l’armistice de 1918 que tu n’as pas connu. Ta guerre ne s’est jamais terminée, elle te fut éternelle. Du reste, penser à toi, c’est penser à la guerre. Tu es la Grande Guerre, sa victime. Tu étais agriculteur. La terre, ça te connaît. La voir labourée par des bombes, ça a dû te chambouler une escousse, dis-moi. On dit reposer en paix, mais toi, tu cauchemardes en guerre. En tenue de soldat. Tant et tant de morts. Si souvent. C’est quoi, ce monde, hein? Un siècle aujourd’hui que cette guerre est terminée. 11 novembre 2018. Des survivants, il y en eu, comme Charles Raimbault, mon autre grand-grand-papi. Comme lui, ils sont rentrés dans leurs pénates et ont poursuivi leur vie, ont fait des ribambelles d’enfants, sont morts vieux dans leur lit, pour les pas trop amochés s’entend. Ta fille, ma grand-mère, disait toujours qu’elle ne t’avait pas connu, que tu étais un bel officier et qu’elle était pupille de la Nation. Elle est née en 15, tu es mort en 16. Tu n’as pas dû rentrer souvent à la ferme. Ton seul bébé. Et tu es mort, comme tout le monde ou presque. Ta fille a eu des enfants, elles est restée dans le coin, vers Braye-sous-Faye, dans l’Indre-et-Loire. Sa grande guerre à elle fut la seconde, l’Occupation allemande. Puis ce fut l’Algérie dont sont revenus vivants ses fils qui ont tué des gens, des Algériens. Mais ça, ils ne le disent pas. C’était la guerre et ils avaient l’âge. Quand j’ai eu l’âge, moi, il n’y avait plus de guerre. Malgré celle d’Irak où je ne suis pas allé faute de conscription. Sinon, j’étais apte. Je suis de la première génération à ne pas avoir eu à me battre pour la Patrie. J’ai pile le double de ton âge, 52 balais, je connais une vie ordinaire, celle que tu n’as pas eue, avec des enfants, une carrière, des voyages. Grand-grand-papi Camille, la vie est courte, mais les guerres sont hélas éternelles.

Sergent Camille Gaudin, 6e régiment d'infanterie coloniale, tué à l’ennemi,
mort pour la France entre Barleux et Belloy-en-Santerre,
Bataille de la Somme, le 4 septembre 1916.














dimanche 30 septembre 2018

Giant 1 et 2, de Mikaël, éditions Dargaud, bande super bien dessinée

J'ai lu et adoré cette BD en deux tomes.


1: New York, époque de la grande dépression, début des années 30. Des ouvriers irlandais construisent le Rockefeller Center. Giant est un ouvrier à la carrure de géant, silencieux de torturé, qui écrit mystérieusement des lettres à une femme en Irlande. Un lourd secret pèse sur lui. Il vit misérablement au milieu des autres ouvriers qui comme lui risquent leur vie sur les poutrelles d'acier. La vie quotidienne est dure et simple pour ces hommes seuls qui ont tout quitté pour envoyer de l'argent au pays. 

2: New York, la mystérieuse femme arrive avec ses enfants et rencontre Giant... La vérité sera-t-elle trop difficile à dire? La construction de l'intrigue suit la progression vers les sommets du Rockefeller Center. 



L'histoire est magnifiquement racontée en variant les points de vue et les silences illustrés. C'est beau, fort, très émouvant, surtout à la fin quand on découvre la photographie finale! Les esquisses en bonus sont splendides! Les tons sépias, une réussite! Bravo à Mikaël! Il me tarde de lire ses autres œuvres d'art. 

J'ai eu le plaisir de rencontrer Mikaël au salon du livre de Montréal en novembre 2017. Je ne le connaissais pas du tout mais ses images étaient si belles que je suis resté devant lui, à le regarder dessiner, fasciné. 



Je sais que son diptyque rencontre un  succès  mérité. 

On trouvera quelques planches ici:


et ici:




Faire la couverture d'une revue prestigieuse comme dBD, c'est signe que le travail est admiré de beaucoup.

Enfin, je suis allé faire un tour au Rockefeller Center et Plaza. Voici mes images de mars 2016:




















































samedi 29 septembre 2018

Karine Legault-Leblond écrit d'Effacé:

Karine Legault-Leblond écrit le 27 septembre 2018 à propos d'Effacé:

Je viens de lire le mot final de ton roman, Alain Raimbault... Il va me hanter longtemps, c'est clair. Vraie ou pas, cette histoire met en lumière l'expérience d'une conscience qui survit à son enfance en prenant refuge, entre autres, dans le monde scolaire et l'écriture. Je ne peux qu'être sensible à ton œuvre, d'une puissance presque violente et d'une beauté crue. Un hymne moderne à la résilience, réaliste et intemporel, qui ne tombe jamais dans la facilité dramatique. Un véritable tour de force.

Voici la photo qu'elle a prise: 






vendredi 28 septembre 2018

Lancement d'Effacé le 27 septembre 2018

Lancement d'Effacé le 27 septembre 2018 à la librairie Le port de tête à Montréal



Je fais mon discours et une petite lecture

Lecture de la page 38 et 39, la douce naissance du narrateur

Con Andy y una amiga


Avec mes collègues Kathleen, Madame Dietz, Sylvie et Néémie. Manon est venue et partie avant la photo.

En famille, entre ami(e)s

Mi bonita

Avec Phil Comeau, le plus grand cinéaste acadien

Mes adorables éditeurs, Geneviève et Jean-Marie

En vitrine

Très agréable lancement, comme on peut le voir. 

Mon discours;


Chères collègues,


Je vais improviser un discours. Voilà. 


Merci d’être venues pour célébrer un usage de la langue qui n’est plus ici scolaire mais artistique. J’ai essayé de créer une oeuvre littéraire remplie de bien mauvais sentiments car, comme Gide l’a affirmé, on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments. 


Tout d’abord, le poète que je suis a constaté son échec en poésie. Personne n’en lit, personne ne me lit. Alors, essayons au moins d’être écouté:


Fatigue Crasse


Où se poser


quel délit opposer à ma


fatigue crasse


je n’en sais pas plus sur les


apparitions intégrales des


douleurs du passant


du vaste compagnonnage


Je dérive à la dure écrasant


les frontières exhibées d’un catalogue d’hiver


seul l’espoir polémique


Il advient des enfances des


recompositions vieillies collées aux basques comme


des fictions appauvries


Les rues nouvelles me


paraphrasent


Au coin, que rien n’habite,


des échos débattent


suite d’oublis en confrérie


Mes absences font hiérarchie


Ressurgit


un prétexte à la mer le


grand large qui soudain


m’efface




Alors, j’ai changé de stratégie après des décennies de poèmes sublimes et ignorés. J’ai même inventé un genre littéraire révolutionnaire: la poésie sous-réaliste. Pour le surréalisme, on m’avait grillé la politesse. Donc, je continue d’écrire de la poésie, mais je trompe mon monde en affirmant que c’est du roman. En fait, ce roman est un collage de poèmes. Je l’ai écrit 20 minutes de temps en temps pendant trois ans. En imaginant des transitions rock-and roll, le texte se tient. L’avantage de la création artistique, c’est que personne ne m’oblige à écrire, je le fais au hasard de l’inspiration comme certains regardent Netflix ou se font du jambalaya au chorizo. Pareil. L’autre avantage est la liberté totale du propos. J’ai ainsi écrit sans retenue aucune ce que me dictait mon inconscient débridé, j’ai tout dit, chose qui dans la vraie vie ne se fait pas. Quand vous aurez lu ça, j’ai l’impression que vous allez me regarder bizarrement ensuite. Il n’a pas écrit ça, lui! Eh bien oui. J’ai abusé de ma liberté de scribouillard. C’est ça, l’art. C’est implanifiable. Ça vous tombe dessus un mardi. On n’y peut rien, c’est là! 


Merci au passage à mon éditeur qui, sur l’écran noir de ses nuits blanches, a vu des images publiables. Grand bien nous fasse. 



Ensuite, d’où vient l’inspiration? Réponse: de déviances textuelles. Quand un prédateur textuel a longtemps prédater, néologisme à saisir dans le sens de piller, faut bien rendre un jour ou l’autre sa copie. On lit, on lit, on lit encore, on écoute, et puis un jour on se dit qu’il faudrait bien écrire car nous aussi nous avons des idées, souvent tordues, voire inqualifiables. Certes, on n’écrit pas de livre avec des idées mais avec des mots. Les idées, c’est un début. Vous allez ainsi lire ce que j’ai longuement pensé. Hors, une fois imprimée, l’idée est éternelle. Elle voyage dans les imaginations. Les écrivains, passés et présents, sont toujours de ce monde. La preuve, il y a les librairies, les bibliothèques, publiques ou intimes! Ces salons de murmures. J’ai murmuré à ma façon. Un exercice de survie. 


Enfin, j’ai choisi un joli passage que toutes les mamans du monde vont adorer. La naissance du narrateur. Si vous croyez que tout commence au commencement, détrompez-vous. Les débuts sont toujours antérieurs. Quand un truc commence, c’est qu’il est trop tard. Voici un doux extrait (page 38).











samedi 15 septembre 2018

Photo des élèves de mon école en 1971-1972 à Félines-Minervois

http://image-parcours.copainsdavant.com/image/750/1248034542/1437749.jpg


Image associée
Alors, je porte à l'époque le nom de l'époux de ma mère. Ils divorceront et je reprendrai mon nom de naissance, Raimbault. Ma soeur Barbara aussi.

Article dans le Midi Libre:

Publié le  

En cette année 1971, la rentrée scolaire est le 14 septembre, ce sera la dernière année où le jour d'interruption des classes est le jeudi, le ministre de l'éducation est Olivier Guichard, sous la présidence de Mr Georges Pompidou. Félines, village viticole et industriel avec les établissements Mathieu, compte 530 habitants, Jean Louvière est maire, le commerce et l'artisanat local sont en plein essor, la population active travaille durement, la vie au village est paisible, calme et tranquille.
Pour la scolarité des enfants félinois, de l'année 1961 aux années 80 Mme Corbière assure la garderie des petits jusqu'à 4 ans, dans l'actuelle bibliothèque. Pour le primaire deux enseignantes se partagent l'effectif des élèves, Mme Chabbert, institutrice à la retraite en 1990, enseigne les 5/7 ans dans le bâtiment actuel côté route et Mme Julien, institutrice et directrice, aujourd'hui décédée, prépare les 8/10 ans au passage vers le collège, sa classe est côté rue. Les deux cours sont séparées d'une barrière de ciment, mais un accès permet d'aller jouer d'une à l'autre. Deux voyages annuels sont organisés, « le petit » pour les élèves et « le grand » en fin d'année, auquel les parents peuvent participer, permet de visiter des lieux plus éloigner,  les familles ne voyagent pas comme aujourd'hui. Les enfants correspondent avec l'école de Cologne, dans le Gers, avec laquelle échanges et rencontres sont organisés.
Chaque année le photographe fait le cliché des élèves scolarisés, sur celui de 71/72, soit une trentaine, la moitié réside et travaille sur le village ou les villages voisins Hérault ou Aude. Les plus grands, sur la photo, ont ou vont faire cinquante ans et tous pourront se souvenir des années scolaires passées sur les bancs de l'école communale de Félines-Minervois.

Photo :
Rang du haut : Maria Escobar, Sylvie Borrèda, Claude Muret, Marie-Josée Colin, Dominique Baillot, Rémy Millies, Jean Lignières, Philippe Lignières, Philippe Chabbert, Jean-François Escande, Pascale Escande.

Rang du milieu : Christophe Fontrouge, Jean-Luc Marty, Alain Vaissière, Alain Baillot, Sylvie Chabbert, Bruno Durand, Anne Fraisse, Serge rieussec, Barbara Baillot, Eric Berdeil.

Rang du bas :
Félix Saffon, Jean -Marc Colin, Joséphine Escobar, Christophe Berrux, Gilbert Colin, Jean-Luc Millies, Laurent Marty, Ghyslaine Roux, Gilles Salles.
Remerciements à la Mairie de Félines-Minervois et à Mme Chabbert pour les renseignements.

samedi 1 septembre 2018

Effacé, d'Alain Raimbault (oui, moi) à L'instant même


Voici mon troisième roman de littérature générale, qui est aussi mon 30e livre! 
Il va sortir le 17 septembre 2018 au Québec, et au Canada. Et en novembre 2018 
normalement en France. 





Fiche du distributeur Dimédia: 

Un narrateur s’adresse à l’enfant qu’il a été pour lui rappeler un passé douloureux et violent. Si le sujet est difficile, Alain Raimbault sait trouver les mots pour l’aborder avec franchise, voire humour. De la France au Québec, d’une maison de passe parisienne à la campagne, l’histoire d’un jeune garçon devenu homme se dévoile dans un rythme rapide et vif, sans complaisance.

Une nuit, tu ne rêves pas. Tu écris. Des lignes noircissent les pages blanc-crème qui apparaissent par magie devant tes yeux. Tu écris, écris, écris. Les lignes avancent comme une pluie de fourmis sur les pages. Tu écris plus vite que tu ne lis. Tu imagines des histoires qui s’écrivent seule, guidées par ta volonté de droitier. C’est toi qui écris même si tu ne vois pas ta main. Tu écris des histoires de voyages principalement, des gens vivent des aventures et c’est la plus belle nuit de ta vie. Tes images sont des métaphores. Tu rêves en métaphores. Tu écris des livres, la page tourne et tu poursuis. Des heures et des heures d’heureuses écritures. Lorsque tu te réveilles, tu sais. Tu sais que tu seras écrivain. Écrivain de jour. Avec de vrais livres en papier. Qui t’attendent. Tu les as vus. Ton rêve te l’a dit. Tu vas écrire ces livres pour savoir ce qu’ils racontent. Ils t’attendent. Tu sais !



Dans la Devoir du 1er septembre 2018:
"À SURVEILLER AUSSI
Effacé, d’Alain Raimbault
Entre la France et le Québec, entre la lourdeur des mots et l’humour, le narrateur parle à l’enfant qu’il a été et lui rappelle le passé violent qui l’habite toujours. (L’instant même, le 17 septembre)"
source: Le Devoir

Dans la revue Les libraires fin août 2018:
"Dans Effacé (L’instant même), Alain Raimbault raconte l’histoire d’un passé douloureux, qui a forgé le jeune garçon maintenant adulte."


http://vitrine.entrepotnumerique.com/resources/9782895029656 

Table des matières

Effacé1
Guéret9
Paris15
Perpignan69
L’Espagne83
Narbonne93
Montréal131

Formats disponibles :

  • EPUB

    Protection: Filigrane14,99$
  • PDF

    Protection: Filigrane14,99$